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Cascade UBO en 3 étapes : identifier les bénéficiaires effectifs selon la loi du 18 septembre 2017

Comptables, fiduciaires, centres de domiciliation, avocats : votre obligation d'identifier les bénéficiaires effectifs ne se limite pas à consulter le registre UBO. La loi du 18/09/2017 impose une cascade en trois niveaux. Voici comment l'appliquer sans rater une catégorie.

7 mai 20268 min de lecture

En bref

La cascade UBO belge impose de parcourir 3 étapes successives pour identifier les bénéficiaires effectifs d'un client : les détenteurs de plus de 25 % du capital (étape 1), les personnes exerçant un contrôle par d'autres moyens comme un pacte d'actionnaires (étape 2), puis les membres de la direction effective comme filet de sécurité (étape 3). Consulter le registre UBO du SPF Finances ne suffit pas : la vérification incombe à l'assujetti, et chaque étape doit être documentée dans le dossier AML.

Ce que dit la loi, sans paraphrase

L'article 4, 27° de la loi du 18 septembre 2017 définit le bénéficiaire effectif (UBO, *Ultimate Beneficial Owner*) comme toute personne physique qui, *in fine*, possède ou contrôle un client. Mais la définition se décline en trois catégories successives — une cascade que les professionnels assujettis doivent parcourir dans l'ordre. Pour comprendre le cadre global, consultez notre guide de la loi du 18 septembre 2017.

Beaucoup d'acteurs se contentent de consulter le registre UBO belge du SPF Finances. C'est insuffisant : le registre fournit la donnée déclarée, pas la donnée vérifiée. La vérification de l'UBO incombe à l'assujetti.

Étape 1 — Les UBO « capital » (25 %)

Première catégorie : les personnes physiques détenant, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits de vote ou du capital de la société cliente.

  • Directement : Mme Dupont détient 30 % des parts de XYZ SRL → UBO direct
  • Indirectement : Mme Dupont détient 100 % de ABC SA, qui détient 40 % de XYZ SRL → 40 % indirect, UBO

Bonne pratique opérationnelle :

  • Récupérer la fiche BCE complète + statuts à jour
  • Construire l'arbre de participation (jusqu'à 4 niveaux dans 95 % des cas)
  • Calculer la détention effective à chaque feuille (multiplication des pourcentages)
  • Lister les feuilles > 25 %
  • Croiser avec le registre UBO du SPF Finances — toute divergence est une alerte AML, pas une simple erreur de déclaration
  • Les divergences les plus fréquentes : un UBO oublié au registre, un UBO sortant non mis à jour, un nominee shareholder masqué derrière une société écran.

    Étape 2 — Les UBO « contrôle »

    Quand l'étape 1 ne désigne personne au-delà du seuil — typiquement dans les holdings très diluées ou les structures à actionnariat éclaté — la loi impose de chercher les personnes qui exercent un contrôle par d'autres moyens. Cas classiques :

    • Droits de vote multiples — actions à vote double ou triple (article 7:53 CSA)
    • Pacte d'actionnaires — une convention donne à un actionnaire minoritaire un droit de veto sur les décisions stratégiques
    • Membre de la direction effective — administrateur délégué seul, gérant statutaire d'une SRL à un seul associé
    • Mandataire par contrat de mandat ou de gérance externalisée

    Cette étape se documente avec les statuts, les pactes d'actionnaires, les procurations bancaires, et les procès-verbaux des AG des trois dernières années. C'est l'étape la plus oubliée en pratique — et celle qu'un contrôleur SPF Économie regardera en priorité. Pour comprendre toutes les obligations d'une entité assujettie en matière AML, consultez notre guide dédié.

    Étape 3 — Le UBO « senior managing official » (filet)

    Si ni l'étape 1 ni l'étape 2 n'ont permis d'identifier un UBO — situation rare mais possible (grande coopérative, ASBL sans contrôle dominant) — la loi désigne par défaut les membres de la direction effective : administrateur délégué, gérant, président du conseil d'administration.

    C'est un filet : il garantit qu'il y a toujours au moins une personne physique identifiée comme UBO de tout client.

    Attention : descendre à l'étape 3 doit être motivé par écrit dans votre dossier AML. Un contrôle qui voit "UBO = administrateur délégué" sans la trace des étapes 1 et 2 inférera que vous avez sauté la cascade.

    Comment Company Belgium déroule la cascade

    Le module AML / KYC automatise les trois étapes :

  • Étape 1 — à la création du dossier client, le système requête la BCE pour l'arbre de participation (via les liens d'administration et la table des sociétés liées), interroge le registre UBO du SPF Finances et présente l'arbre côte à côte. Toute divergence est signalée en rouge.
  • Étape 2 — un assistant guidé demande à l'opérateur d'uploader statuts et pactes, en marquant les sections importantes (vote multiple, veto). Les fichiers sont conservés dans le dossier client avec horodatage.
  • Étape 3 — n'est proposée par le système qu'après marquage explicite "aucun UBO capital identifié" et "aucun UBO contrôle identifié", avec demande de justification textuelle (minimum 200 caractères).
  • Le rapport final est un PDF horodaté signé, classé dans le dossier client et exportable en format goAML pour transmission CTIF/CFI le cas échéant.

    Calendrier des rafraîchissements

    L'identification UBO n'est pas un one-shot. Le règlement délégué (UE) 2024/1640 rend explicite l'obligation de :

    • Mise à jour annuelle pour les clients à risque standard
    • Mise à jour semestrielle pour les clients à risque élevé (PEP, juridiction non coopérative, espèces > seuil)
    • Mise à jour immédiate sur événement (changement administrateur publié au Moniteur, alerte BCE, presse négative)

    Le module Veille BCE croise automatiquement les événements détectés avec vos dossiers AML pour vous notifier dès qu'un changement justifie un re-screening. Voir notre article sur la surveillance des changements d'entreprises en temps réel pour aller plus loin.

    Ce qu'un contrôleur va vérifier

    • Présence des 3 étapes dans le dossier, même si l'étape 2 ou 3 se conclut par "non applicable"
    • Justification écrite quand on saute à l'étape suivante
    • Date et opérateur de chaque vérification (horodatage technique, pas juste un champ texte)
    • Sources consultées (statuts, pacte, registre UBO, BCE) avec preuves jointes
    • Mise à jour récente — un dossier figé depuis 18 mois sur un client à risque élevé est une non-conformité

    Tenez ces 5 points et vous traversez un contrôle SPF Économie sans surprise. Pour approfondir la méthode complète d'évaluation des risques AML et la documentation obligatoire du dossier KYC, consultez nos guides dédiés.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que la cascade UBO en 3 étapes selon la loi belge du 18 septembre 2017 ?

    La cascade UBO impose d'identifier les bénéficiaires effectifs en parcourant trois niveaux successifs. L'étape 1 vise les personnes physiques détenant plus de 25 % du capital ou des droits de vote, directement ou indirectement. L'étape 2 recherche les personnes exerçant un contrôle par d'autres moyens : droits de vote multiples, pacte d'actionnaires, mandat de gestion. L'étape 3, filet de sécurité, désigne les membres de la direction effective uniquement si les étapes 1 et 2 n'ont identifié personne. Chaque étape doit être documentée dans le dossier AML.

    Suffit-il de consulter le registre UBO du SPF Finances pour remplir ses obligations KYC en Belgique ?

    Non. Le registre UBO du SPF Finances fournit la donnée déclarée par la société, pas la donnée vérifiée par l'assujetti. La loi du 18 septembre 2017 impose une vérification indépendante : l'assujetti doit construire son propre arbre de participation, calculer la détention effective à chaque niveau, et croiser le résultat avec le registre. Toute divergence entre les deux doit être signalée comme alerte AML, documentée dans le dossier et analysée avant décision d'entrée en relation.

    A quelle fréquence faut-il mettre à jour la cascade UBO d'un client en Belgique ?

    Le règlement délégué européen 2024/1640 impose une mise à jour annuelle pour les clients à risque standard, semestrielle pour les clients à risque élevé (PEP, juridiction non coopérative, espèces au-delà du seuil), et immédiate dès un événement déclencheur comme un changement d'administrateur au Moniteur belge, une alerte BCE ou une couverture de presse négative. Un dossier figé depuis plus de 18 mois sur un client à risque élevé constitue une non-conformité sanctionnable.

    Que risque un assujetti belge qui saute des étapes dans la cascade UBO ?

    Un assujetti qui ne documente pas les trois étapes de la cascade UBO s'expose à des sanctions administratives du SPF Economie pouvant dépasser 1 250 000 euros par infraction pour les personnes morales. En cas de contrôle, l'inspecteur vérifie en priorité la présence des justifications écrites pour chaque étape, les sources consultées avec preuves jointes, et la date de la dernière vérification. L'absence de trace de l'étape 2 est la non-conformité la plus fréquemment constatée lors des inspections.

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